On touche à la limite d'un modèle basé sur la solidarité entre les générations. Un modèle pensé et institué sans tenir compte d'un taux de chômage endémique élevé (autant de gens ne contribuent pas aux caisses de retraite) et qui sous estime le travail intermittent dans notre pays (dans les secteurs agricole et BTP, contribution dans les caisses discontinue).
On a rien fait pour encourager les retraites complémentaires, la capitalisation, l'épargne douce, ou encore la refonte de l'âge du départ à la retraite. L'immobilier a montré ses limites. L'assurance-vie, placement, complément de retraite, épargne avec des primes par prélèvement automatique et petits montants...
Le nombre de retraités ne cesse d'augmenter, les plus de 60 ans représentent 1.3 millions des Tunisiens, le système actuel est intenable à terme.
L'opinion publique, dominée par les jeunes adultes en Tunisie, est majoritairement réfractaire au rallongement de l'âge du départ à la retraite. Pour réussir toute réforme concernant ce thème sensible qui touche au contrat social en Tunisie, il y a lieu de déployer un effort consistant en termes de pédagogie pour une appropriation des gens de tout changement dans la donne actuelle.
Il faut organiser les assises de la retraite et très vite. On a dit cela il y a 15 ans et on a alerté sur les difficultés des diplômés du supérieur à trouver massivement du travail assez tôt, cette non prise en charge de l'avenir proche on l'a eu en pleine figure. Le cas du dispositif retraite en Tunisie connaît le même chemin de la négligence des gouvernants. M. Ammar Yombai a été un des rares ministres à vouloir prendre cette problématique à bras le corps... Il n'a pas achevé le travail, car il a quitté le gouvernement. Le dossier devrait être repris au plus vite. Il y a urgence.